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Le gouvernement gabonais interdit toute manifestation

REUTERS | 03.12.05 | 21:44

par Antoine Lawson LIBREVILLE (Reuters) - Les autorités gabonaises ont interdit les rassemblements dans l'ensemble du pays, avertissant que les soldats se tenaient prêts à tirer sans sommation pour empêcher toute manifestation violente contre la réélection du président Omar Bongo. "Les marches sont interdites sur toute l'étendue du territoire national jusqu'à nouvel ordre", a annoncé dans un communiqué le ministre de l'Intérieur Clotaire Ivala. "Le commandant en chef des Forces de police nationale, le commandant en chef de la gendarmerie nationale et le chef d'Etat-major des Forces armées gabonaises sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l'exécution de ces mesures", a-t-il ajouté. Des militaires ont pris position dans la ville à la suite des troubles provoqués jeudi par des partisans des deux principaux candidats de l'opposition, selon lesquels l'élection présidentielle de dimanche dernier, au terme de laquelle Bongo a obtenu un nouveau mandat de sept ans, avait été truquée. Pierre Mamboundou et Zacharie Myboto, les deux candidats de l'opposition, ont appelé les Gabonais à la grève pour lundi prochain. "Nous invitons les Gabonaises et les Gabonais à se lever et à marcher pacifiquement afin de conduire leur destin vers la victoire finale", a dit Pierre Mamboundou. APPEL AU CALME Le doyen des chefs d'Etat africains en exercice a lancé vendredi soir un appel au calme dans une allocution télévisée, sa première intervention publique depuis sa réélection le 27 novembre. "Maintenant que l'élection est terminée, l'élection achevée, les choses doivent désormais reprendre leur cours normal dans un Etat de droit. En un mot, aucun désordre ne sera toléré", a-t-il averti. "Je vous demande, chers compatriotes, de ne pas créer de tensions inutiles, il faut cesser toutes les déclarations qui divisent les Gabonais et qui mènent à des actes de violences et de pillages", a-t-il continué. Le Premier ministre, Jean-François Ntoutoume Emane, a déclaré que le gouvernement avait donné aux forces de sécurité le feu vert pour tirer sans sommation, à la suite des troubles survenus à Libreville et dans d'autres villes, qui ont fait au moins un mort. Des convois de véhicules militaires avaient fait leur apparition aux principaux carrefours de la capitale dans la nuit de vendredi à samedi. Samedi, le calme a régné dans les rues, nombre d'habitants étant restés chez eux. Les forces de sécurité ont arrêté 23 personnes après les brèves émeutes de jeudi dans la capitale, au cours desquelles des manifestants ont brisé les vitres de commerces et de voitures avant d'être dispersés par des policiers armés de matraques. Une personne a péri et plusieurs autres ont été blessées dans le quartier de Rio, dans la périphérie de Libreville, ont dit les forces de sécurité. Ces violences avaient fait suite à l'annonce par la Cour constitutionnelle de la réélection de Bongo, au pouvoir depuis 1967, par 79,2% des suffrages.
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